Louis XVI, le dernier portrait
LOUIS XVI
(déchu, en prison dont il ne sortira que pour être guillotiné)
par Ducreux, 1793, 
114 x 89 cm


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     Élève de Quentin de La Tour, Ducreux fait sienne l'exigence d'authenticité et d'immédiateté de son maître. C'est sans doute à partir d'un croquis exécuté pendant le procès de Louis XVI qu'il réalise ce portrait. L'absence de couleurs, de " fards " est aussi l'expression de ce désir de vérité.
     Louis XVI [1754-1793] ... Coupable ? Martyr ? Faible ou modéré ? Aux yeux de ses contemporains (et de la postérité?) il a toujours été affublé d'une image de “lourdaud” impuissant. Son manque de charme et d'assurance plaident contre lui. Après 1789, l'emprisonnement, le procès et l'exécution font basculer la figure royale dans la tragédie, sans l'éclairer pour autant. En fait, dès l'enfance le rôle du mal-aimé lui aura collé à la peau. Lorsqu'il monte sur le trône, le 10 May 1774, personne ne l'a initié à son futur métier de roi. Scrupuleux, conscient de ses devoirs mais rigide, à la fois réformiste et timoré, il n'est sans doute pas le souverain idéal pour concevoir la transformation révolutionnaire de la plus vieille monarchie d'Europe en monarchie constitutionnelle…
      Fait en 1793, ce portrait de Joseph Ducreux s'efforce de saisir l'être muré dans sa solitude. Nulle allusion ne renvoie au rang ni à la fonction royale fût-elle déchue du modèle. Sans cour, sans amis, captif au Temple au milieu d'un Paris hostile, ce mort en sursis est abîmé dans la méditation. Les traits un peu affaissés, les paupières gonflées, les yeux cernés disent les épreuves et le malheur. Mais le regard empreint de gravité, la bouche ferme sont libres de crainte et de toute hésitation.